Il avait conclu une affaire importante, mais le triomphe lui laissait un goût amer. Le silence dans la voiture faisait écho à celui de la maison. En se garant, Ethan attrapa son téléphone pour consulter ses e-mails : un geste automatique, un vieux réflexe. Soudain, il entendit des rires. Ce n’était pas un rire poli et accueillant, mais un rire franc, rond et léger. Il leva les yeux, et le monde bascula. Trois enfants, couverts de boue, fêtaient l’événement dans une flaque d’eau brune, éclaboussant la pelouse impeccable. À côté d’eux, à genoux, la nounou en uniforme bleu et tablier blanc souriait comme si elle assistait à un miracle. « Oh mon Dieu !» s’exclama-t-il, toujours dans la voiture. Son cœur s’emballa, ravivant un souvenir qu’il aurait préféré oublier.
« Les Blackwood ne se salissent jamais », dit la voix de sa mère, raide comme du marbre. Ethan ouvrit précipitamment la portière. L’odeur de terre mouillée le frappa d’abord, suivie de l’éclat dans les yeux des garçons. Les jumeaux de quatre ans, Oliver et Noah, applaudissaient à chaque éclaboussure de boue.
Sa sœur aînée, Lily, riait aux éclats, ses fossettes creusées, les cheveux plaqués sur son front. La nounou,